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Guérir du ressentiment avec CI-GÎT L’AMER

Guérir du ressentiment avec « CI-GÎT L’AMER » de Cynthia Fleury

Philosophe et psychanalyste, Cynthia Fleury a soutenu son doctorat de philosophie à la Sorbonne en 2000, avant d’enseigner au Conservatoire national des arts et métiers, à l’American University of Paris, à l’Institut d’études politiques de Paris et à l’École polytechnique. Depuis 2017, elle est professeure à l’École nationale supérieure des mines de Paris. Elle dirige également la chaire de philosophie de l’hôpital Sainte-Anne.

Depuis 2000, elle a publié une dizaine d’essais philosophiques (Le soin est un humanisme, Les irremplaçables, les pathologies de la démocratie…).

A travers cet ouvrage l’entreprise de l’auteur s’avère audacieuse et courageuse. Pour cause la philosophe s’attaque à ces passions amères qui gangrènent l’âme au niveau individuel et collectif.

Cynthia Fleury part ici d’un parti pris, d’un axiome, que tout bon thérapeute se doit, à mon sens, d’adopter, à savoir que : le patient peut !

Afin d’ouvrir les hostilités dans cette lutte face aux passions mortifères débouchant sur le ressentiment, l’auteur analyse et décortique avec brio les divers mécanismes pouvant mener pernicieusement à ce véritable poison démocratique. Pour se faire elle peut compter sur le soutènement d’auteurs émérites tels que Max Scheler, Sigmun Freud, Frantz Fanon, Marc Angenot, Montaigne, Nietzche, Deleuze, Canguilhem, Jankélévictch, Hermann Broch et Theodor Adorno, pour ne citer qu’eux.

La pathologie du ressentiment n’est pas clairement définie dans le DSM-IV (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), néanmoins il représente le noyau dur de quantité de troubles, dont celui dit de « trouble oppositionnel avec provocation » où l’individu se trouve enlisé dans une triste dynamique, virevoltant inlassablement entre victime et bourreaux.

L’AMER

L’homme du ressentiment souffre d’amertume. Même si cette amertume est parfois légitime et nécessaire, le problème est qu’il s’y complait et devient incapable de la « digérer ». Rien ne semble satisfaire sa soif de vengeance, rien ne peux étancher sa soif de reconnaissance, l’individu se perd dans une forme de quérulence infinie qui ferme les portes à toutes formes de sublimation et d’individuation.

Dans cette détestation de l’autre, une forme de misologie s’installe progressivement et la loi, pourtant souvent dénigrée également devient alors l’illusion d’un « super-moi » imposant aux autres ce qu’il croit être juste. « En vouloir prend la place de la volonté .»

Dans un état social démocratique empoisonné par le ressentiment, les êtres ne semblent plus supporter aucune d’autorité intellectuelle qui transcenderait la masse des citoyens. Au contraire, il existe une méfiance à la limite de la paranoïa pour tout esprit « supérieur » ou disons le autrement toutes formes de hiérarchies. Cela n’est pas sans rappeler l’ouvrage de Tocqueville (De la démocratie en Amérique II), où y est clairement décrit cette forme de cartésianisme inconscient : « tous entreprennent de juger de tout par eux-mêmes ». Cela donne naissance à d’autres problématiques de valeurs que je vous invite à découvrir dans ce précédent article Liberté vs sécurité – Sylvain Gammacurta – Hypnotherapeute.

Cynthia Fleury passe également en revue la congruence entre ressentiment et montée en puissance des idéologies totalitaires ainsi que l’articulation potentielle entre les désirs insatiables inhérent à cet état d’esprit et la folie génocidaire de l’ultra solution. 

L’aventure démocratique propose elle aussi la confrontation avec la rumination victimaire. La question du bon gouvernement peut s’effacer devant celle-ci : que faire, à quel que niveau que ce soit, institutionnel ou non, pour que cette entité démocratique sache endiguer la pulsion ressentimiste ? Nous voilà, individus et État de droit, devant un même défi : diagnostiquer le ressentiment, sa force sombre, et résister à la tentation d’en faire le moteur des histoires individuelles et collectives.

Les dérives du ressentiment peuvent donc, à terme, s’avérer dramatiques et extrêmement dangereuses pour la démocratie et l’Etat de droit et il est de notre responsabilité de s’armer face à cela. Cynthia Fleury, nous donne quelques pistes de réflexion à explorer de manière personnelle afin de nous prémunir de ce fléau et pourquoi pas se permettre de le dépasser.

Ci-Gît l’amer, la mer, la mère… Un livre qui fait déjà succès et qui mérite d’être à mon sens lu et partagé par le plus grand nombre.

Pourquoi? Car Ci-gît l’amer nous propose une analyse brillante d’une défaillance pouvant être individuelle et/ou collective mais surtout, prend soin que la portion théorique du savoir, ici livrer; puisse s’appliquer dans le réel avec de nombreuses pistes de solutions concrètes et efficaces.

En bref ce livre peut être comparé à une « médecine » apte à guérir les maux, composé d’un diagnostic aiguisé par la psychanalyste ainsi que la perspective d’un rétablissement...

Je vous laisse vous délecter de ce magnifique ouvrage pour en saisir toute l’intelligence et l’humanisme qui s’en dégage.

Ci-gît l’amer – Blanche – GALLIMARD – Site Gallimard

Sylvain Gammacurta hypnose.

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